Vaccin anticoquelucheux
et mort subite du nourrisson

par Michel GEORGET

Comme l'a écrit le Pr Bastin, partisan des vaccinations,"une vaccination, quelle qu'elle soit, est toujours, biologiquementet immunologiquement parlant, une offense pour l'organisme". Leretentissement sur le système immunitaire est plus ou moinsfort. L'agression est parfois tellement violente qu'elle peutconduire à la mort. Cette situation est d'autant pluscompréhensible chez un nourrisson dont le systèmeimmunitaire n'est pas encore parvenu àmaturité.

Chaque vaccination peut être suivie d'un effet bienparticulier (ostéite après BCG, méningiteaprès vaccin anti-oreillons, thrombopénie aprèsvaccin antirougeoleux) mais les complications nerveuses sont de loinles plus fréquentes et les plus diverses. Depuis l'arrêtde la vaccination antivariolique, et dans l'attente d'informationsobjectives sur le vaccin antihépatite B, c'est au vaccinanticoquelucheux que l'on doit les atteintes neurologiques les plusgraves. Il n'est donc pas étonnant de le retrouver àl'origine de la mort subite du nourrisson.
Mais la presse médicale française n'aime pas parler dela mort subite du nourrisson. Ainsi, un médecin qui signalaitdans le Concours médical deux cas de MSN, l'un chez unnourrisson d'un mois et demi décédé dans lasemaine suivant le BCG, l'autre chez un nourrisson d'un moisdécédé dans la nuit suivant le BCG, s'est vurépondre qu'il ne pouvait s'agir que d'une coïncidence,avec ce commentaire : "Il faut cesser d'incriminer les vaccinationsdans la survenue de la mort subite inexpliquée du nourrisson.C'est mauvais pour le moral de la population vaccinée… etpour celui des vaccinateurs. (1)" Les parents des victimesapprécieront.
Puisqu'il existe des cas bien établis pour lesquels lavaccination a été la cause directe de la mort subite,la question fondamentale est de savoir par quel mécanisme celapeut se produire.
Un début de réponse est peut-être àrechercher au niveau de la biochimie du système nerveuxvégétatif. Ce système est en effet chargédes contrôles vitaux (cardiovasculaires et respiratoires).Durant la période périnatale, il y a une abondanteproduction de neuropeptides et une forte expression de leursrécepteurs cellulaires. De plus, ces neuropeptides sont depuissants sédatifs pouvant induire des arrêtsrespiratoires et leur sécrétion dépend notammentdes situations stressantes de l'environnement. "La mort subite dunourrisson résulte vraisemblablement de la conjonction defacteurs congénitaux, maturatifs et de déclencheursexternes (fièvre, inflammation, infection). (2)" Or lavaccination est une infection, même si elle estatténuée ; elle provoque de la fièvre. Elle peutdonc très bien jouer le rôle de facteurdéclenchant de la mort subite en perturbant notammentl'équilibre entre les systèmes nerveux et immunitairedont la maturation est loin d'être achevée chez lenourrisson.
Ce rôle déclenchant de la vaccination dans la mortsubite semble bien confirmé par les informations qui nous sontdonnées par le changement des programmes de vaccination auJapon dans les années 80. La plupart des vaccinsanticoquelucheux utilisés dans le monde sont des vaccins ditsà cellules entières (c'est-à-direfabriqués à partir de cultures de bacilles qui sontensuite tués par la chaleur lors de la préparation duvaccin). Le Japon a utilisé ce type de vaccin jusqu'en 1974avec un schéma de vaccination des nourrissonscommençant à l'âge de 3 à 5 mois. A partirde 1975, la vaccination a été différéejusqu'à l'âge de 2 ans. Enfin, à partir de 1981,les Japonais ont utilisé un vaccin dit acellulaire,c'est-à-dire ne contenant plus la totalité des germesmais seulement certains de leurs composants, tout en conservant lavaccination à l'âge de 24 mois. Le résultat leplus spectaculaire a été la disparition des mortssubites liées à la vaccination, quel que soit le typede vaccin utilisé, dès le report des injectionsau-delà de 24 mois. Ce report a également réduitles accidents neurologiques de plus de 90 % (3).
C'est un argument supplémentaire montrant que les accidentssont bien dus à une immaturité de l'organisme desnourrissons lorsqu'on les vaccine dès l'âge de deuxmois.
Sommes-nous pour autant à l'abri des ennuis avec le vaccinacellulaire qui a été mis en service dans notre pays en1998 ? Des essais comparatifs effectués ces dernièresannées en Suède et aux Etats-Unis ne semblent pasdissiper toutes les craintes.
Dans l'essai suédois, réalisé sur près de10 000 enfants, deux vaccins acellulaires (l'un à 2composants, l'autre à 5 composants) ont étécomparés à un vaccin à cellules entières.Si les effets secondaires tels que fièvre, cris persistants ouréactions locales ont été moins fréquentsavec les vaccins acellulaires, 48 enfants (près de 5 ‰)ont néanmoins connu des accidents sérieux dans les 60jours suivant la vaccination, accidents égalementrépartis dans tous les groupes de l'essai (4).
L'étude américaine (5) a comparé 13 vaccinsacellulaires administrés à 2 200 nourrissons etcontenant entre 1 et 5 composants, et un vaccin à cellulesentières administré à 119 nourrissons. Au coursdu suivi, il a été enregistré, chez lesreceveurs de vaccins acellulaires, un cas de mort subite, un casproche de la mort subite (réanimé), deux attaques dontl'une 3 heures seulement après la seconde injection, et un casd'asthme dans le mois suivant la troisième injection. Encorefaut-il ajouter qu'une vingtaine de nourrissons ont étéretirés de l'étude en raison de réactionsadverses lors des premières injections.
On voit donc que le vaccin anticoquelucheux acellulaire, qui vientd'être recommandé en France pour les injections derappel, risque d'amener aussi son lot de complications d'autant quele caractère réactogène des vaccinsanticoquelucheux acellulaires combinés augmente au moment durappel (6).
La mortalité due à la coqueluche avaitdéjà régressé de 96 % depuis ledébut du siècle quand fut introduit le vaccinanticoquelucheux associé au vaccindiphtérie-tétanos. En raison de son fort pouvoirréactogène, faut-il continuer à faire courir unrisque à toute la population infantile pour évitermoins de 10 décès par an comme c'est le cas depuis 25ans, sachant par ailleurs qu'aucun suivi n'est réalisépour répertorier les accidents ?

Michel GEORGET

Michel Georget est agrégé de biologie, professeurhonoraire des classes préparatoires aux grandes écolesbiologiques et l'auteur de Vaccinations, les véritésindésirables, aux éditions Dangles.

1. Concours Médical, 1995 ; 117 : 941.
2. Coquerel. Revue internationale de pédiatrie, 1996 ; 27 : 19-22.
3. Cherry et al. Pediatrics, 1988 ; 81 (suppl) : 937-984.
4. Gustafsson et al. NEJM, 1996 ; 334 (6) : 349-355.
5. Decker et al. Pediatrics, 1995 ; 96 (3) suppl. : 557-566.
6. Grimpel et Bégué. Archives de pédiatrie, 1998 ; 5 : 557-560.

© Votre santé -Décembre 2000

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