L'origine
virale du sida n'a jamais été démontrée
scientifiquement
par le Dr
Etienne de HARVEN
Le Dr Etienne de Harven, microscopiste
électronicien, a consacré presque toute sa carrière
de recherche à l'étude des rétrovirus associés
aux leucémies de souris. Il a suivi avec grande attention l'impact
hypothétique que de tels travaux auraient pu avoir dans l'étude
des cancers chez l'homme. Il nous révèle pourquoi les recherches
actuelles sur le sida sont dans une impasse. Enferrée dans ses
querelles de personnes, ses compromissions et surtout sa dépendance
aux puissants laboratoires pharmaceutiques, qui ne raisonnent qu'en termes
de dividendes à verser aux actionnaires, la recherche officielle
est incapable de répondre aux attentes des malades, des médecins
et des responsables de la santé publique. Aujourd'hui, la maladie
progresse de façon presque exponentielle et il devient urgent de
procéder au réexamen complet des théories sur l'origine
du sida.
L'importance de la microscopie
électronique dans le développement de la biologie cellulaire
moderne, entre 1945 et 1965, est unanimement reconnue. Les relations qui
unissent structures et fonctions cellulaires n'auraient, sans aucun doute,
jamais pu être bien comprises sans l'utilisation du très
grand pouvoir séparateur du microscope électronique (ME).
Cependant, ce qui n'est peut-être pas aussi généralement
apprécié c'est le rôle que la virologie a exercé
dans l'étude des ultrastructures cellulaires. Historiquement, lorsqu'en
1931 Rüdenberg (1) introduisit une demande de brevet pour son invention
du microscope électronique, son espoir principal était d'arriver
à visualiser le virus de la poliomyélite ! Et durant la
Seconde Guerre mondiale, lorsque les microscopes électroniques
commençaient à devenir accessibles aux biologistes, priorité
était donnée aux efforts faits pour découvrir des
particule svirales associées aux cellules cancéreuses de
certains animaux de laboratoire. C'est ainsi qu'Albert Claude, travaillant
à l'Institut Rockefeller de New York, réussit à démontrer
le virus du sarcome de Rous dans des fibroblastes de poulet (2). Et quelques
années plus tard, Keith Porter et se sassociés ont eu un
succès similaire en obtenant des images du "facteur lacté"
dans des cellules d'adénocarcinomes mammaires de la souris (3).
L'observation directe des particules virales dans ces tumeurs expérimentales
donnèrent un élan extraordinaire (aujourd'hui, nous dirions
peut-être excessif !) à la recherche des virus en cancérologie.
Les méthodes
de la recherche sur lecancer sont-elles applicables à celles pour
le sid a?
L'origine virale de certains
cancers chez les souris et les poules avait été clairement
démontrée par des expériences d'ultrafiltration qui
permettaient d'évaluer approximativement le diamètre des
particules virales. Les microscopistes électroniciens connaissaient
donc à l'avance la dimension des particules qu'ils devaient tenter
d'identifier, cette dimension étant fréquemment d'à
peu près 100 nm. Ceci facilitait l'identification initiale de virus
dits "oncogènes" par la microscopie électronique bien qu'il
apparut clairement, par la suite, que d'innombrables microvésicules
ou éléments particulaires de cellules normales présentent
approximativement le même diamètre.
La découverte par Charlotte
Friend, travaillant au Sloan Kettering Institute de New York, d'une érythroleucémi
de souris transmissible par filtrats acellulaires illustre bien les méthodes
de recherche utilisées vers les années 1955. De surcroît,
comme il se fait que j'ai commencé à travailler dans le
laboratoire du Dr Charlotte Friend à ce moment-là, les principes
que nous appliquions à nos recherches me sont particulièrement
familiers. Pour la microscopie électronique, nous donnions priorité
à deux sortes d'échantillons. D'une part, différents
tissus provenant de souris "suisses" leucémiques (rate, ganglions
lymphatiques, thymus et moelle osseuse) et, d'autre part, des culots obtenus
par l'ultracentrifugation de filtrats acellulaires de tissus leucémiques,
filtrats dont nous savions qu'ils transmettaient efficacement la maladie
par injection à des souris "suisses" adultes, ou à des souris
de la souche DBA/2. Nous savions, par des expériences de filtration,
que l'activité (c'est-à-dire le pouvoir de transmettre la
leucémie) disparaissait quand nous utilisions des filtres dont
lediamètre des pores était inférieur à 200nm.
Les théories classiques de l'ultrafiltration nous permettaient
donc de prédire que les particules infectieuses devaient avoir
un diamètre proche de 100 nm. L'étude au microscope électronique,
par la technique des coupes ultrafines, de tissus leucémiques révéla
fréquemment des particules de ce diamètre, étroitement
associées à diverses cellules. Les particules apparaissaient
comme entourées d'une simple membrane et avaient en leur centre
un noyau, ou nucléoïde dense aux électrons. Leur ultrastructure
était caractéristique et leur diamètre remarquablement
constant. A notre connaissance, de telles particules ne ressemblaient
à aucun composant connu des cellules normales. Mais cependant,
elles ressemblaient à des particules identifiées par d'autres
auteurs dans plusieurs tumeurs "filtrables" expérimentales et classifiées
par W. Bernhard de particules de "type C" (4). En plus, nous avons observé
des particules identiques dans des culots préparés par l'ultracentrifugation
de filtrats acellulaires capables de transmettre la maladie à des
souris susceptibles. C'est sur labase de ces données-là
que nous avons émis l'hypothèse selon laquelle ces particules
représentaient, en effet, le virus "oncogène" étiologiquement
lié à l'érythroleucémie de Friend (5). Nous
étions toutefois surpris d'observer le virus en étroite
association avec des cellules qui n'étaient apparemment pas impliquées
dans le processus leucémique, telles que les mégacaryocytes
de la moelle osseuse, par exemple. Ces études au microscope électronique
avaient également montré, dès le début, que
toutes les particules denses aux électrons et d'un diamètre
voisin de 100 nm n'étaient pas des virus, et qu'une analyse ultrastructurale
rigoureuse était essentielle pour distinguer d'une manière
appropriée les virus e tles "virus-like particles".
Fort heureusement, nos études
au microscope électronique ont rapidement permis d'ajouter une
donnée importante pour l'identification des virus oncogènes
à ARN. Il est en effet apparu que ces virus se formaient au niveau
de la surface cellulaire, la membrane cellulaire des cellulesinfectées
contribuant directement à la formation de lafuture enveloppe virale
par une série d'étapesauxquelles nous avons donné
le nom de phénomènede bourgeonnement ("budding") (6). Les
virus sontlibérés dans les espaces intercellulaires par
ceprocessus de bourgeonnement.
L'identification au
microscope électronique des virus de c egroupe est, de ce fait,
devenue plus rigoureuse, l'observation de particules en voie de bourgeonnement
étant désormais requise. Ceci a probablement permis d'éliminer
des milliers d'images de "virus-like particles" observées dans
des cancers chez l'homme et avec lesquelles des microscopistes électroniciens
par trop enthousiastes tentèrent de contaminer... la littérature
médicale ! En plus, l'observation de particules en voie de bourgeonnement
au niveau des surfaces cellulaires nous permettait d'identifier les cellules
infectées, une à une, et de conclure que celles-ci sont
parfaitement viables, en l'absence de tout signe de lyse des cellules
infectées, l'infection par des virus de ce type n'ayant donc aucun
effet cytolytique. Par surcroît, les virus s'identifiaient clairement
dans des cellules en voie de division mitotique (7).
Puisque, de toute
évidence, l'expérimentation chez l'être humain est
inacceptable, l'éventuelle observation dans des cellules cancéreuses
humaines de particules ressemblant à celles décrites dans
les tumeurs expérimentales aurait pu être d'un grand intérêt,
encore qu'insuffisante pour tirer la moindre conclusion. Dans les années
1960, de nombreux laboratoires du monde entier, utilisant les derniers
raffinements des techniques de microscopie électronique, tentèrent
de faire cette démonstration. A cette époque, c'est-à-dire
bienavant l'émergence de la biologie moléculaire, la microscopie
électronique était, sans aucun doute, la méthode
de choix pour tenter d'identifier des virus dans des échantillons
cellulaires. Le rôle crucial de la microscopie électronique
en virologie fut d'ailleurs particulièrement souligné lors
d'une conférenceà Cold Spring Harbor, en 1962, lorsque Lwoff,
Horne et Tournier proposèrent de baser toute la classification
des virus sur les caractères morphologiques démontrés
par la microscopie électronique(8).
Continuant nos recherches
sur le virus de la leucémie de Friend, et encouragés par
le Dr J. Beard, de la Duke University (Durham, Caroline du Nord), qui
avait une expérience considérable des leucoses aviaires,
nous orientâmes nos efforts vers la démonstration, par microscopie
électronique, d'une virémie (présence de virus dans
le sang circulant) chez les souris leucémiques. L'étape
initiale la plus efficace pou rpurifier le virus des leucoses aviaires
était de commencer en utilisant non pas les tissus mais bien le
plasma sanguin des poulets leucémiques. Cette donnée était
pour nous de la plus grande importance car, en effet, nous n'obtenions
pas de résultats très satisfaisants, en termes de purification
du virus de Friend, lorsque nous utilisions des homogénats de tissus
leucémiques tels que la rate ou les ganglions lymphatiques. Nous
avons donc mis au point une méthode de purification fort simple
à partir du plasma sanguin des souris, et basée sur une
double ultrafiltration sur membranes "Millipore". Un échantillon
dilué de plasma, 10 mlprovenant de la saignée d'environ
25 souris leucémiques, était d'abord clarifié par
aspiration au travers d'un filtre de porosité 0.65 µm ; le
premier filtrat était alors soumis à une seconde filtration,
cette fois en utilisant un filtre de 0.22 µm. Le second filtrat était
alors centrifugé, pendant 120 minutes, à 30 000 g. Il en
résultait un culot de centrifugation extrêmement petit, à
peine visible, mais qu'il y avait moyen de préparer pour la microscopie
électronique. Les coupes ultrafines de ces culots révélaient
au microscope électronique la présence d'une remarquable
population de virus typiques e tbien préservés, tassés
les uns contre les autres, et avec très peu de contamination par
des débris cellulaires (9). Telle était notre approche de
la démonstration de la virémie en 1965...
Et, pendant ce temps-là,
de nombreux laboratoires de microscopie électronique centrés
sur la cancérologie (celui du Dr W. Bernhard, à Villejuif
,France, du Dr A.J. Dalton, au National Cancer Institute, Bethesda, Maryland,
du Dr L. Dmochowski, au MD Anderson, Houston, Texas, et le nôtre,
au Sloan Kettering Institute de New York),investissaient une part énorme
de leur temps de recherche en s'efforçant de démontrer des
particules virales associées au cancer chez l'homme. Des "virus-like
particles" ont été occasionnellement observées, mais
n'ont convaincu personne !
Et ceci contrastait
d'une façon flagrante avec la facilité avec laquelle on
pouvait démontrer, par microscopie électronique, les virus
dans plusieurs leucémies et cancers chez les souris et les poules.
Très peu de publications ont étéconsacrées
à ces résultats négatifs sur les cancers et les leucémies
chez l'homme. Et cependant, Haguenau, en 1959 (10), soulignait la difficulté
qu'il y avait à identifier la moindre particule virale dans une
grande série de cancers du sein. Bernhard et Leplus, en 1964 (11),
dans un livre consacré à l'étude d'un grand nombre
de cas de maladies de Hodgkin, de lymphosarcomes, de leucémies
lymphoïdes et de maladies métastatiques ,ne sont pas parvenus
à identifier de particules virales associées à ces
diverses conditions pathologiques. Au Sloan Kettering Institute, à
New York, j'aidécidé, en 1965, d'arrêter toute étude
aumicroscope électronique des cas de leucémies et de lymphomes
pour la présence de particules virales, après plusieurs
années de recherches entièrement négatives. J'ai
fait un rapport sur cette décision lors d'une conférence
sur "Methodological Approaches to the Study of Leukemias" qui s'est tenue
à Philadelphie, au WistarInstitute, en 1965 (12).
La publication de
tous ces résultats négatifs n'estpas parvenue à décourager
les fanatiques chasseurs devirus ! Une explication de ces résultats
négatifsdevait donc être trouvée ailleurs ! La technique
descoupes ultrafines en microscopie électronique n'étaitpeut-être
pas la meilleure ? (bien qu'elle réussisse sibien chez les souris
!). La préparation des coupes ultrafinesprenait beaucoup de temps
et exigeait beaucoup d'adresse ! Qui avaitencore le temps pour cela quand
les crédits de recherchedevenaient difficiles à obtenir
et quand les géants del'industrie pharmaceutique commençaient
à offrir descontrats alléchants pour des réponses
rapides ?Pourquoi ne pas essayer la technique des colorations négatives?
C'est très facile, et cela va très vite ! Et, après
tout, cette technique avait donné des résultats remarquables
dans l'étude de virus dépourvus d'enveloppe tels que les
adénovirus et le polyome.
Les résultats
furent absolument désastreux en ce quiconcerne les virus à
ARN associés aux tumeurs (pasencore appelés rétrovirus...),
car ces virus sontfragiles et sont tout à fait déformés
par leséchage à l'air qui fait immanquablement partie de
latechnique de coloration négative ; vus par cette technique,les
virus apparaissent comme des particules munies d'une longue queue! Malheureusement,
de nombreux débris cellulaires et denombreuses microvésicules,
après séchageà l'air pour coloration négative,
forment, eux aussi,des profils de particules munis d'une queue. La tentationd'interpréter
toutes les "particules avec queue" comme desvirus oncogènes à
ARN était grande etapparaissait comme une aubaine extraordinaire
pour les chasseurs devirus ! Et pourtant, nous avions clairement démontré
que les "virus avec une queue" étaient des artefacts dus à
la technique de coloration négative, artefacts qui pouvaient être
facilement évités par un contrôle approprié
du pouvoir osmotique et par la fixation à l'acide osmique précédant
la coloration négative (13), ou encore par la technique du séchage
au point critique (14).
Découverte
de la "transcriptaseinverse"
L'énorme confusion
créée par les publicationssur les "tailed particles" a fait
un tort considérableà la crédibilité accordée
à lamicroscopie électronique en matière de recherche
devirus associés aux cancers. On recherchait des "tailedparticles"
dans le lait de vache et le lait humain, et Sol Spiegelmanparlait avec
éloquence des risques de l'allaitementmaternel...
Une découverte
importante, qui n'avait strictement rien à voir avec la microscopie
électronique, a complètement réorienté les
idées concernant le mode d'action possible des virus oncogènes
à ARN. C'est la découverte par Beljanski (ndlr), Teminet
Baltimore, en 1970, de l'enzyme "transcriptase inverse" (reverse transcriptase,
RT). On commençait apparemment à deviner comment il était
possible pour des virus oncogènes à ARN de modifier le génome
des cellules infectées. Par surcroît, ces virus demeuraient
de bonscandidats comme possibles facteurs "oncogènes" car ilsétaient
bien reconnus comme non cytolytiques(c'est-à-dire qu'ils ne tuent
pas les cellules qu'ils infectent). En conséquence, les virus oncogènes
à ARN furent rebaptisés. On décida de les appeler
"rétrovirus" (rétro, pour RT). Les crédits fédéraux
accordés àl'étude de leur rôle éventuel
dans la cause du cancer chez l'homme, immédiatement après
le passage au Congrès des Etats-Unis du "War Against Cancer Act"
de R.Nixon, ont atteint des niveaux tout à fait surprenants, bien
supérieurs à ce que l'on pouvait attendre pour l'étude
d'une hypothèse qui, quoiqu'intéressante, restait totalement
indémontrée...
L'orientation des
efforts de recherche changeaconsidérablement après la découverte
de la transcriptase inverse (RT), c'est-à-dire après 1970.
En fait, toutes les méthodes qui avaient dominé l'étude
de l'oncologie virale depuis 1950 jusqu'en 1970 furent progressivement
remplacées par une mode très exclusive des méthodes
de la biologie moléculaire. J'ai observé cette évolution
plutôt del'extérieur, car, à mon avis, la microscopie
électronique n'était plus la méthode principale qui
permettrait d'avancer dans l'étude des relations hypothétiques
qui existeraient entre les rétrovirus et les cancers chez l'homme.
Invention
des "marqueurs"
Il devenait acceptable
d'affirmer que, lorsque des virus ne pouvaient pas être identifiés
par la microscopie électronique, d'autres méthodes de nature
biochimique ou immunologique, supposées capables d'identifier des"marqueurs"
viraux, étaient suffisantes pour démontrer l'infection virale
des cellules étudiées. Ces "marqueurs" pouvaient être
un enzyme (RT), un antigène,diverses protéines, ou certaines
séquences d'ARN. Le fait de n'avoir jamais vu au microscope de
particules virales était expliqué d'une façon fort
commode par l'intégration du génome viral dans les chromosomes
descellules prétendument infectées. Accepter une telle interprétation
impliquait l'ignorance complète de tout ce que nous avions appris
durant l'étude des cancers expérimentaux des animaux de
laboratoire. Il faut toutefoi sreconnaître que, dans ces modèles
expérimentaux,la microscopie électronique ne permettait
d'observer qu el'étape finale de la multiplication virale, les
étapes initiales consistant en une série d'événements
moléculaires qui échappent complètement auximages
ultrastructurales. Et pourtant, dans tous les systèmes expérimentaux
classiques tels que les leucoses aviaires ou murines, les phases terminales
de la réplication virale (lebourgeonnement, "budding") étaient
toujours observées et considérées comme essentielles
à la propagation de l'infection virale d'une cellule à l'autre.
Un autre court-circuit
aux conséquences désastreuses fut cette notion fort naïve
selon laquelle tout matériau biologique sédimentant sur
gradient de sucrose à ladensité 1.16 g/ml était de
nature rétrovirale ! Sans aucun doute, les rétrovirus bien
caractérisés sédimentent au voisinage de cette densité.
Mais ceci n'implique pas que tout ce qui sédimente à cette
densité soit de nature rétrovirale ! Dans les années
1960, des collègues biochimistes me demandaient souvent de regarder
(au microscope électronique) certaines "bandes" sédimentant
à la densité 1.16 : "Regarde bien ceci, ça forme
une bande nette à 1.16, ce doit être du pur rétrovirus
!" Les culots d'ultracentrifugation obtenus à partir de ces fameuses
"bandes 1.16", étudiés en coupes fines par microscopie électronique,
permettaient de reconnaître une grande variété de
microvésicules et de débris cellulaires, mais pas un seul
rétrovirus ! Et cependant cette méthode de sédimentation
à la densité 1.16 est toujours utilisée pour identifier
de prétendus "marqueurs" viraux ! Comme il est désolant
de penser qu'un contrôle adéquat au microscope électronique
de ces fameuses "1.16 bands" (ce qui prend environ deux jours et coûte
quelques centaines de dollars seulement) aurait pu éviter ces interprétations
dangereuses de prétendus "marqueurs rétroviraux" sur lesquels
d'énormes budgets de recherche ont été lamentablement
gaspillés...
L'isolement de virus
à partir du surnageant de cultures cellulaires infectées
soulève d'autres questions. Nous nous souvenons tous de la découverte,
par Epstein (15) en 1964, du virus EB dans des cultures cellulaires obtenues
à partir de cas africains de lymphome de Burkitt. Cette découverte
était basée sur la microscopie électronique et ce
virus fut immédiatement et correctement classifié comme
un membre du groupe herpès. Pour identifier ce virus dans les cellules
en culture, il était préférable d'observer des cellules
en voie de dégénérescence, car, de toute évidence,
ce virus avait un effet cytolytique marqué. Tout au contraire,
les cellules infectées par les rétrovirus conservent une
excellente viabilité, ce qui permet d'isoler ces virus à
partir du surnageant des cultures, avec un minimum de contamination par
des débris cellulaires et sans aucune nécessité de
traiter les cellules par des lymphokines ou d'autres facteurs de croissance.
En ce qui concerne
la politique de recherche scientifique, il était manifeste que
la recherche sur de prétendus virus oncogènes était
dominée par l'hypothèse rétrovirale. Les crédits
d'origine fédérale prenaient presque tous cette même
direction, d'autant plus que prévalait l'idée très
naïve selon laquelle le succès de la recherche scientifique
était avant tout
une question de gros sous !
L'ampleur des crédits
accordés a permis la création d'un appareil de recherche
rétrovirale considérable, avec de nombreux nouveaux emplois.
Malheureusement, la liberté intellectuelle de penser dans d'autres
directions de la recherche cancérologique allait s'amenuisant,
d'autant plus que les géants de l'industrie pharmaceutique commençaient
à offrir des contrats presque irrésistibles, polarisés
exclusivement sur la recherche rétrovirale... La plus haute priorité
était de démontrer, à n'importe quel prix, que les
rétrovirus avaient quelque chose à voir avec l'origine du
cancer chez l'homme, hypothèse qui n'avait cependant pas reçu
le moindre support expérimental pendant toutes les années
1960 et 1970. Un effort de recherche aussi mal dirigé n'aurait
peut-être eu que peu dec onséquence aussi longtemps que la
santé publique n'était pas directement en cause. Fort malheureusement,
l'apparition du sida, le syndrome d'immunodéficience acquise, en
1981, a rapidement transformé ce qui aurait pu n'être qu'un
regrettable faux-pas académique en une véritable tragédie.
Ce qui est advenu
après 1981 est tellement bien connu deslecteurs de Reappraising
Aids que j'hésite àl'élaborer dans le détail.
Les événementsqui ont conduit à la crise actuelle
ont étérécapitulés et analysés de la
façon laplus convaincante par Peter Duesberg (16). Je dois reconnaître
avoir lu le livre de Duesberg (1996) avec la plus grande attention quoiqu'essentiellement
sans surprise, tellement la rechercherétrovirale avait, dans les
années 1970, dangereusementpréparé la scène
pour "Impure Science" (17).
Gallo
découvre le sida pour justifier les budgets fédéraux
considérables
Peu après que
les premiers cas de ce qu'on a commencé par appeler le "Gay related
immune deficiency" (GRID) furent décrits par Michael Gotlieb, il
était clair pour tous les observateurs que Gallo et ses associés
allaient se consacrer à corps perdu au nouveau syndrome qui leur
apparaissait comme une occasion inespérée pour tenter de
justifier les budgets fédéraux considérables qu'ils
avaient consacrés à l'étude des rétrovirus
pendant les dix dernières années. Car il faut se rappeler
que, en 1980, la communauté scientifique s'impatientait de plus
en plus devant le manque complet de résultats de la "guerre contre
le cancer" basée sur lachasse aux virus. L'épisode mineur
de HTLV-1 ne suffisait pas, loin s'en fallait, pour apaiser les craintes
d'avoir grossièrement gaspillé les fonds de recherche fédéraux.
Et le fait que le nouveau syndrome, rapidement renommé "sida",
n'avait que fort peu de chose à voir avec le cancer n'embarrassait
pas Gallo plus que cela. La fréquente association du syndrome avec
le sarcome de Kaposi permettait d'ailleurs de masquer la différence
aux yeux du grand public.
Dominée par
les médias, par des groupes de pressionet par les intérêts
de plusieurs compagniespharmaceutiques, la recherche officielle sur le
sida cherchaità contrôler la maladie, ayant perdu tout contact
avec lalibre pensée scientifique et avec la recherche médicaletraditionnelle
("peer reviewed"). L'hypothèse VIH = sida, quin'avait toujours
pas été démontrée,drainait 100 % des crédits
de recherche, alors que toutes lesautres hypothèses étaient
ignorées. On estparvenu à faire croire, tant au grand public
qu'à la communauté médicale, que la présence
d'anticorps dans le sang circulant permettait de faire le diagnostic d'une
maladie évolutive, que les postulats de Koch étaient passés
de mode, que 90 % des cas d'une maladie infectieuse peuvent s'observer
chez des patients du sexe masculin, que la virémie peut se mesurer
par la technique du PCR en amplifiant des fragments d'ARN même quand
les particules virales ne sont pas démontrables au microscope électronique,
etc.
Et pour conforter
encore plus l'hypothèse officielle, on atrouvé préférable
d'oublier qu'il étaitconnu, depuis des dizaines d'années,
que leshéroïnomanes s'exposaient à de gravesimmunodéficiences,
que l'inhalation de nitrite a de nombreux effets toxiques, que l'extrême
toxicité de l'AZT était connue depuis vingt ans, que de
tous les rétrovirus connus aucun n'a d'effet cytolytique, etc.,etc.
De plus, pour permettre
au "business sida" de se développer avec profit, la recherche sur
toute hypothèse dissidente (c'est-à-dire non-VIH) fut soigneusement
sapée par un contrôle très serré des fonds
de recherche ains ique par l'extrême difficulté qui est rapidement
apparue de publier, n'importe où, la moindre opinion dissidente..
.Vers les années 1985, j'envisageai d'ajouter à mes programmes
de recherche l'étude au microscope électronique de patients
atteints du sida. Malheureusement,les médias avaient déjà,
à ce moment-là, orchestré la panique d'une épidémie
pire que la peste, et mes assistants m'ont rapidement fait comprendre
que si j'insistais dans cette direction ils quitteraient tous le labo
! Le test de la "séropositivité" était encore considéré
à ce moment-là comme diagnostiquement fiable. Depuis lors,
nous avons compris, par les travaux de Papadopulos et du groupe de Perth
en Australie, que ce test est très loin d'être spécifique
(18) !
Depuis que j'ai pris
ma retraite en France, je saisis toutes les occasions qui se présentent
à moi de parler aussi librement que possible des questions soulevées
dans cetarticle. Je suis fier d'être un membre du "Groupe pour laréévaluation
de l'hypothèse VIH = sida" basé en Californie. J'espère
très sincèrement que les diverses activités de ce
groupe vont provoquer la mise en route de nouvelles recherches sur les
causes du sida, pour le plus grand intérêt des malades, et
pour la renaissance de l'intégrité scientifique en recherche
médicale !
Dr Etienne
de HARVEN
Le Dr de Harven est
membre du Group for the Scientific Reappraisalof the HIV/AIDS Hypothesis,
La Jolla, Californie, USA, et professeur émérite (Anatomie
Pathologique) de l'universitéde Toronto, Ontario, Canada. <pitou.deharven@wanadoo.fr>
Références
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20, 522.
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10. Haguenau F. (1959). Le cancer du sein chez la femme. Etudecomparative
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12. de Harven E. (1965). Remarks on Viruses, Leukemia and ElectronMicroscopy.
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edit. ; The Wistar Institute Press,Philadelphia, publ., pp. 147-156.
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Is a positive Western blot proof of HIV infection ?Bio/Technology, 11:696-702.
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