Expérimentation
sur les enfants :
génétique et thérapie génique en question
Par Richard Sünder
Le Figaro
signale, à la mi-janvier 2003, quun des plus éminents
spécialistes des cancers de l'enfant vient dêtre mis
en examen pour avoir expérimenté un traitement sur un enfant
qui est mort. Le Monde du 16 janvier signale, sous la plume de
Jean-Yves Nau, quun deuxième cas de leucémie a été
diagnostiqué chez un enfant français soigné par thérapie
génique.
Ces nouvelles tombent après la mort dun jeune Américain
qui avait subi une thérapie génique et après larrêt
des expériences sur les « enfants-bulle » de lHôpital
Necker à Paris, à la suite de graves complications. Prévenues,
« les autorités sanitaires américaines ont à
leur tour décidé de suspendre les essais cliniques. Douze
enfants souffrant dune maladie héréditaire avaient
été traités à l'hôpital Necker à
Paris ».
Le traitement expérimental des enfants, qui consistait à
introduire dans le génome un gène supposé réparer
le dysfonctionnement génétique, a été développé
par une équipe dirigée par les professeurs Marina Cavazzana-Calvo
et Alain Fischer. Depuis 1999 « douze enfants souffrant dun
"déficit immunitaire combiné sévère"
(affection imposant une hospitalisation en milieu stérile et pouvant,
dans certains cas, être soignée par une greffe de moelle
osseuse) avaient été pris en charge par cette équipe
de réputation internationale. Chez la plupart dentre eux,
une correction de lanomalie dorigine génétique
avait pu être obtenue. »
Mais, sur lensemble de ces expériences, un sujet est mort,
deux ont développé des leucémies, dautres ont
eu de graves complications. Bref, les expériences de thérapie
génique ont été interrompues tant en France qu'aux
Etats-Unis, où 30 essais étaient en cours. Le Monde
précise que « pour les spécialistes, le scénario
le plus vraisemblable est que linsertion du gène via un vecteur
rétroviral dans des cellules souches de la moelle osseuse a, chez
les deux enfants, induit une prolifération maligne dun certain
type de cellules du système immunitaire. Les deux enfants sont
actuellement soignés par chimiothérapie et les familles
des autres jeunes patients ont été informées du risque
potentiel auquel ces derniers étaient exposés. »
« Il ne fait aucun doute que les essais de thérapie génique
comportant lusage de rétrovirus dans les cellules souches
doivent, malheureusement, être arrêtés, a déclaré
au journal le Pr David Klatzmann (groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière,
Paris) président de la Société européenne
de thérapie génique. Pour autant, la situation actuelle
ne remet nullement en question la poursuite des autres expériences
qui nutilisent pas cette méthodologie. Nous devons désormais
nous attacher à comprendre comment de tels accidents ont pu survenir.
»
Une enquête scientifique est en cours. En attendant, si les malheureux
enfants sont sous chimiothérapie, on ne peut quêtre
inquiet sur leur avenir, quand on sait que, selon les statistiques officielles,
70 malades sur 100 meurent du traitement et non de leur cancer.
Il est établi, en matière décologie, que modifier
une partie quelconque dune région entraîne une modification
de toute la région. En Afrique, des barrages prévus pour
lirrigation ont entraîné des catastrophes côtières.
Sans même parler des modifications planétaires et océaniques
qui ont entraîné les problèmes de la couche dozone,
la disparition despèces et le fait que des centaines despèces
sont en voie de disparition sur toute la planète.
Lêtre vivant est un système encore bien plus complexe
et bien plus fragile que la niche écologique. Lidée
de modifier sa génétique est une expérience dapprenti
sorcier qui engendre nécessairement des réactions en chaîne
incontrôlables et dautant quon ne maîtrise à,
peu près rien de la génétique et quon nest
pas près de la maîtriser, si tant est que ce soit possible.
A noter, à cet égard, que La Presse canadienne (Vancouver)
rapporte que, selon le biologiste généticien Bruce Lipton,
« les perceptions, les pensées et les croyances ont plus
dimpact sur la santé des gens que leurs gènes ».
Bruce Lipton fait partie dun nombre réduit mais croissant
de chercheurs qui estiment que les gènes nont pas le rôle
que lidéologie dominante de la génétique leur
attribue. A savoir quils sont la cause de «maladies»,
quils déterminent toute notre existence et, comme le soutenait
François de Closets à la télévision, il ny
a pas si longtemps, jusquà nos comportements. Et pourquoi
pas, indirectement, la couleur de nos vêtements ?
Ancien chercheur à l'Université Stanford, Californie, M.
Lipton ne croit plus le credo de la génétique, selon lequel
« les gens naissent avec un ensemble de gènes qui contrôlent
leur vie ». Selon lui, les gènes sadaptent constamment,
dépendant des besoins des cellules, à mesure que celles-ci
réagissent à leur environnement. Il rejoint donc la thèse
du Dr Ryke Geerd Hamer et de Claude Sabbah, selon laquelle toutes les
« maladies » qui nous frappent entraînent des modifications
de nos gènes, qui nen sont donc pas la cause mais le témoin.
«Nos perceptions peuvent stimuler nos gènes ou les bloquer,
nos perceptions peuvent remanier nos gènes», affirme-t-il.
Si tout cela est bien exact, comme je le crois, on peut se demander si
la thérapie génique nest pas quun leurre. En
tout cas, ce qui est sûr, pour linstant, cest quavant
de guérir elle a tué. Et nul ne peut prédire ce que
sera lévolution des malades apparemment guéris.
Combien de sujets, notamment denfants, faudra-t-il alors tuer pour
utiliser cette thérapie, si lon y parvient jamais ?
Lavenir nous le dira. Mais je ne vois pas une grande différence
entre ces expériences génétiques et le clonage dêtre
humains. Dans tous les cas, les individus qui les pratiquent se prennent
pour des démiurges. La distance nest pas grande qui les sépare
de Rael, sauf que celui-ci passe pour un malade qui délire, alors
que les médecins et les biologistes malades qui délirent
passent pour des « chercheurs ».
LApprenti sorcier est un poème de Goethe, dont voici les
premiers vers :
Le vieux sorcier nest plus là
Cette fois il est bien parti !
Cette magie quil minterdisait
Est enfin à ma portée !
Je vais pouvoir essayer
De faire obéir les esprits,
jeter des sorts, jouer avec les maléfices !
Je vais montrer tout mon art !
Flots ! Flots ! en avant !
Répandez-vous, ne vous ménagez pas !
Eau jaillissante du ruisseau
Viens remplir et éclabousser le bassin !
Dans ce poème, lapprenti profite de labsence du sorcier,
son maître, pour utiliser ses secrets et commander à un balai
quil transforme en un être qui porte deux seaux de remplir
le bassin de la maison. Tout va bien, sous les yeux émerveillés
de lapprenti fasciné de gouverner la magie du monde. Le bassin
se remplit de plus en plus vite à mesure que lêtre
accélère le mouvement. Mais, soudain, la machine semballe
et linondation menace bientôt la maison. Hélas, lapprenti
sorcier ne se rappelle pas la formule de son maître pour transformer
lêtre en balai. Pris de panique, il le coupe, à laide
dune hache en deux et, alors, au lieu dun seul, deux êtres
se mettent à verser des seaux deau dans la maison. Linondation
saccélère, menaçant de noyer lapprenti,
quand le retour du maître rompt le diabolique maléfice. Cest
là très exactement le mythe de la duplication, donc du clonage.
Mythe qui a inspiré à Paul Dukas sa célèbre
symphonie et, à Walt Dysney, le fameux épisode de Fantasia.
Mais ce mythe court à travers lhistoire des hommes depuis
au moins l'Antiquité grecque et même depuis la Genèse
biblique.
Cest le mythe de la puissance divine dérobée par lhomme
aux dieux qui se retrouve aussi bien, chez les Grecs, dans le mythe de
Sisyphe et le mythe de Prométhée que dans la littérature
et le cinéma dhorreur contemporains qui vont du mythe du
Dr Frankenstein, de Mary Shelley et de Lord Byron, du Faust de
Goethe et de La Beauté du Diable de René Clair, jusquau
film de Franju, Les Yeux sans visage (1959), en passant par Nosferatu,
Le Cabinet du Dr Caligari, Le Bal des vampires, de Polanski et,
bien entendu - mais dans le Réel cette fois -, la domestication
du feu par les Australanthropes, lexplosion atomique, la théorie
pasteurienne des microbes, la première greffe dorgane, les
expéditions spatiales, les fusées intercontinentales, la
guerre des étoiles et les manipulations génétiques.
Le thème est même parfaitement explicite dans le mythe de
la Genèse où Eve et Adam dévorent le fruit de la
Connaissance du bien et du mal, semparant de la connaissance même
du créateur, ce qui leur vaut la chute sur la Terre qui ressemble
fort aux Enfers.
Semparer du divin pouvoir créateur, en particulier de la
vie éternelle, est bel et bien une obsession humaine, tout comme
celle de voler, daller sur la Lune, datteindre les confins
du monde, de percer le secret de latome et de la cellule biologique.
Toutes ces obsessions ont été exprimées par la littérature,
des siècles ou des millénaires avant qu'elles ne se réalisent
- et lobservation astrophysique nest pas loin datteindre
les confins du cosmos. Toutes à la seule exception de la vie éternelle,
en dépit de Descartes qui pensait quon pourrait rendre lhomme
éternel, ce qui fit dire à sa mort, le 11 février
1650 : « Aujourdhui est mort à Stockholm un sot qui
croyait possible de rendre l'homme immortel ».
Toutes se sont réalisées et celles qui ne le sont pas encore
le seront. On peut donc en conclure que, de toute façon, le clonage
humain se fera, sil nest déjà fait, en dépit
du scandale, de lindignation morale et de la tempête quil
provoque à lheure actuelle. La question n'est donc pas de
savoir sil se fera mais de savoir où et quand il se fera
et à quel prix. C'est bien cette question qua posée
laffaire du prétendu bébé cloné de Rael.
Mais cest la même question qui est posée par lensemble
des manipulations et des thérapies géniques.
Certes Rael vise, outre des objectifs financiers, un objectif mystique
: celui de semparer de la puissance divine puisquil prétend
que ce sont les Elohim - les dieux - qui ont créé lhomme
en laboratoire et qui lui ont donné mission de répandre
la parole de Dieu sur la Terre. Mais Rael n'est pas dangereux parce quil
nest quun mythomane, parmi beaucoup dautres, en proie
au délire messianique. Il suffit de voir toutes les stupéfiantes
transformations physiques de lindividu, du chanteur à cheveux
longs et pattes déléphant au Messie barbu à
robe blanche et catogan en passant par le journaliste à lunettes
et nud papillon, pour voir quil a un problème didentité
au point que Vorilhon finit par se transformer, par manipulation mentale
et non génétique, en « Sa Sainteté Rael ».
Les biologistes et les médecins, eux, parfois, se transforment
en prix Nobel. Comme Jacques Monod, qui affirmait que tout ce qui constitue
lhomme est dans ses gènes et que ceux-ci sont « les
détenteurs exclusifs de linformation génétique
», théorie démentie à peine séchée
lencre de son livre, Le Hasard et la Nécessité.
De linformation est bel et bien transmise par lARN qui est
même capable de fabriquer de lADN-like. Quant aux cellules
dun bras droit et dun bras gauche, elles sont rigoureusement
identiques et ne contiennent donc pas linformation qui commande
aux unes de faire un bras droit et aux autres de faire un bras gauche.
Les préjugés philosophiques de Jacques Monod, qui nétaient
pas des vérités scientifiques, comme il le prétendait,
ont été cruellement démentis. Mais le prix Nobel
na jamais été la garantie de lintelligence et
de linfaillibilité des lauréats.
Le vrai danger ne vient pas de Rael. Il vient de gens comme Antinori et,
surtout, des laboratoires financés par le lobby médico-pharmaceutique,
qui travaillent dans le silence et le secret à réaliser
le premier clone humain. Ces laboratoires et leurs financiers - sinon
les biologistes - se moquent éperdument du mythe de Sisyphe et
de la puissance divine. En revanche, ils ont en tête les formidables
dividendes que pourraient leur rapporter le clonage, aussi bien thérapeutique
que reproductif, et ils ont, eux, les moyens politiques, économiques,
médiatiques et financiers de faire abolir toute législation
qui sy opposerait - la déréglementation de tout le
commerce mondial est bien lun des objectifs de lultralibéralisme
- et dexercer toutes les pressions nécessaires sur les gouvernements
du monde afin de parvenir à leur fin. Lultralibéralisme
est lorganisation même de systèmes maffieux, mais officiels
et légaux. Le même danger vient aussi des apprentis sorciers
des thérapies géniques et des mortelles expériences
de l'AZT (aujourdhui abandonné), auxquelles seuls ont réchappé
les centaines de séropositifs qui ont abandonné tout traitement
médical comme Mark Griffiths et Niro Asistent, qui lont raconté
dans leurs livres (taper leur nom dans Google, sur Internet, pour plus
dinformation).
Coïncidence, on parle maintenant de greffer des visages de cadavres
sur la tête de vivants ! Ce nest donc plus seulement le mythe
de Frankenstein et de lApprenti sorcier quil est question
de réaliser, cest le film même de Franju, Les Yeux
sans visage, dans lequel Pierre Brasseur tenait le rôle du chirurgien
diabolique, prêt à tuer des jeunes filles pour donner leur
visage à sa fille défigurée.
La difficulté vient alors de la complexité des systèmes
génétiques qui nest absolument pas maîtrisée.
Le sera-t-elle jamais ? Et à quel prix ? Et, si les gènes
sont les témoins de la pathologie et non pas sa cause, à
quoi cela aura-t-il servi ?
Le Journal American Medical Association (Vol 284 July 26, 2000)
a publié, il y a deux ans, une statistique qui révélait
que la troisième cause de mortalité, aux Etats-Unis, était
les médecins et la pharmacie (effets mortels des traitements et
médicaments), responsables de 250.000 morts par an. La statistique
ne prenait en compte que les malades hospitalisés. Elle ne décomptait
donc pas les malades morts chez eux des suites deffets indésirables
de médicaments et elle ignorait bien sûr les handicaps provoqués
par les traitements médicaux. Si elle avait pris en compte la totalité
des morts de « maladies » iatrogènes, à lhôpital,
elle serait montée à 280.000 par an. Et, bien entendu, si
on y avait ajouté les morts provoqués par la chimio et la
radiothérapie (comptabilisés comme morts dun cancer),
la médecine et la pharmacie auraient été la deuxième
cause de mortalité, aux Etats-Unis, derrière les «
maladies » cardiovasculaires.
Mais, tout de même, nest-ce pas étrange quen
2000, au seuil du Troisième millénaire, la troisième
cause de mortalité des Etats-Unis, juste derrière le cancer,
était les effets mortels des médicaments ? Dautant
que, dans cette statistique, nentraient pas les dizaines de milliers
de morts provoquées par l'AZT. Avec le développement des
médicaments, des thérapies géniques et de l'emprise
que le lobby médico-pharmaceutique ne cesse de développer
sur les populations au moyen dun véritable terrorisme exercé
avec le concours de l'Organisation mondiale de la santé, organisme
contrôlé par lobby médico-pharmaceutique, et de tous
les medias (presque chaque mois une campagne de terreur est lancée,
dont certaines sont dignes de la pataphysique : « Plus de trois
verres de vin par jour peuvent vous donner le cancer ») il y a toute
chance ou plutôt tout risque que la première cause de la
mortalité hospitalière, dans le monde dit civilisé,
soit bientôt la médecine conventionnelle elle-même
et la pharmacie ! Le mythe de Frankenstein sera devenu la réalité.
Quand ce sera le cas, dans peu dannées, quand la médecine
sera la première cause de la mortalité des malades dans
le monde et que seront confondues médecine et euthanasie, peut-être
commencera-t-on enfin à se demander comment, pourquoi, par quel
effet pervers, par quelle stupéfiante perversité linstitution
biomédico-pharmaceutique qui était censée sauver
la vie humaine sera devenue le meilleur moyen de la tuer.
Richard Sünder
Richard Sünder, psychothérapeute spécialisé
dans la psychosomatique ou psychobiologie, vient de publier Médecine
du mal, médecine des mots, Editions Quintessence. <sunder@RichardSunder.org>
(ou .net ou .com)
Forum de pansémiotique-psychosomatique : <http://fr.groups.yahoo.com/group/pansemiotique-psychosomatique>
Site de pansémiotique-psychosomatique-psychobiologie : <http://www.pansemiotique.com>
(ou .net ou .org)
<http://www.psychobiologie.com>
(ou .net ou .org)
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