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En
développement
Nos lecteurs se demandent comment va se faire l’élection
présidentielle. “Sur quel critère devrons-nous choisir ?”
La réponse est simple et logique, à cause de la maturité
expérimentée de l’électorat français.
Celui ou celle que l’électorat désignera n’aura
pas été choisi sur son look, ni sur ses discours, ni sur
ses promesses, ni sur son action passée ou présente, ni
sur les impulsions médiatiques, ni sur les sondages. Le choix sera
déterminé par l’idée que les électeurs
se seront faite de la capacité présumée de développement
personnel de l’intéressé, encore après sa prise
de fonction et tout au long de l’exercice de sa fonction.
Aussi bien que sur les coopérations personnelles dont on peut raisonnablement
penser qu’il sera susceptible de s’entourer dans la constitution
même de ses gouvernements et de leurs ministères.
“That is the question”, comme disait Shakespeare. Toute la
question est là.
Déjà au XVIe siècle, Joachim Du Bellay savait chanter
- et nous l’avons souvent cité ici -que : “Oncques
ne furent à tous toutes choses données.” Même
quand on est président de la République. La valeur et la
personnalité d’un sujet sont constituées par la valeur
de ceux qu’il rencontre et qu’il fréquente.
Le candidat prétendant sera-t-il capable de continuer à
s’instruire ? Le candidat prétendant sera-t-il capable
de continuer à s’informer ? C’est cet aspect-là
qui entrera en jeu et qui opérera la sélection. Nicolas,
Ségolène ou François seront jugés sur la fraîcheur
et la vivacité de leurs neurones et sur les questions capables
de les affecter sérieusement.
Je ne dis pas que c’est comme ça partout. Je dis qu’en
France c’est comme ça. En France, les grandes options politiques
de l’électorat se font désormais sur ce que l’on
présume de l’éthique et de l’idéologie
personnelles du sujet en question. C’est le plus sûr des critères
pour toutes les tempêtes et toutes les contradictions qu’un
gouvernant peut avoir à traverser. “Le reste, comme disait
l’autre, est littérature.”
Nous désignerons celui ou celle qui semblera offrir les meilleures
aptitudes à rester en développement. Et ceux qui s’obstinent
à ne pas le comprendre feront le jeu de ceux qui le comprennent.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la force efficiente en politique
n’est plus vraiment l’armement ni l’économie,
mais plutôt l’éthique, l’instruction, la transparence,
la réceptivité.
Vous pourrez le vérifier dans vos dictionnaires : “éthique”
et “culture” sont des termes très voisins.
Stéphane
DI VITTORIO
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